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La loi LRU vue par Valérie Pécresse

Alors que les universités connaissent des perturbations depuis bientôt quinze jours suite au mouvement de contestation contre la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU), Nicolas Sarkozy a assuré mardi qu’il ne « reviendrait » pas sur cette réforme. Les étudiants, qui descendent aujourd’hui dans la rue, menacent de durcir le mouvement.Le mouvement de contestation ne semble pas fléchir… et pourtant il n’y a pas de raison de descendre dans la rue !

Interview de Valérie Pécresse au sujet de la loi LRU tant contestée par nos "camarades" bloqueurs :

Valérie Pécresse : D’abord, je voudrais dire que je condamne les blocages dans les universités. Ils sont contraires à l’intérêt des étudiants parce qu’ils peuvent être source de violence. La loi a été concertée avec les syndicats, dans le dialogue. Sur beaucoup de sujets, ils ont obtenu les garanties qu’ils souhaitaient, comme la mission sur l’insertion professionnelle.

Mais comment expliquez-vous que les perturbations continuent ?

Il y a des craintes qui s’expriment. Ce sont les mêmes que celles qu’on entendait lors de la réforme « licence master doctorat » sur l’harmonisation européenne des diplômes entamée par Claude Allègre et poursuivie par Luc Ferry. Or, cette réforme s’est révélée un formidable atout pour l’université française : maintenant, tout étudiant est complètement mobile dans l’espace européen. Ces craintes, je veux y répondre. J’entends les étudiants dire qu’avec cette loi sur l’autonomie l’Etat va se désengager. C’est faux. L’Etat va investir 1 milliard d’euros supplémentaires tous les ans pendant cinq ans.

Pourtant l’Unef, principal syndicat étudiant, parle de budget en trompe-l’oeil…

On ne rattrape pas vingt ans de sousdotation de l’université en un an. En augmentant le budget de 50 % en cinq ans, l’Etat fait le pari de l’université. En 2008, il dépensera 7400 euros par étudiant et par an, soit 400 euros de plus qu’en 2007.

Qu’en est-il des frais d’inscription ?

Ils resteront fixés par le ministre, ce n’est pas un pouvoir qui est délégué aux universités. Ils sont aujourd’hui de 165 euros pour la licence et de 215 euros pour le master. J’ai particulièrement lutté à cette rentrée contre les frais complémentaires que certaines universités avaient instaurés pour des formations.

Les étudiants dénoncent une « privatisation de l’université »…

Le budget de l’université, c’est 10 milliards d’euros de l’Etat et 1 milliard d’euros des collectivités publiques. Mais faut-il priver les universités d’autres ressources comme le mécénat ? Je ne le crois pas. Dans tous les pays du monde, elles ont accès à des ressources de ce type. Je soutiens l’idée de fondations universitaires où le conseil d’administration des universités – où siègent des étudiants et des enseignants – décidera de l’usage de ces fonds.

Ne craignez-vous pas que les entreprises investissent davantage dans les universités prestigieuses plutôt que dans les plus modestes ?

Je ne suis pas d’accord avec cette analyse. Les dirigeants de PME des villes moyennes de province sont tout à fait prêts à investir dans leur université. C’est leur vivier de recrutement. Il ne faut pas croire que seules les entreprises du CAC40 auraient le droit d’investir. Ensuite, l’autonomie va s’accompagner d’un processus de regroupement des moyens des universités dans des grands pôles. Il y a 85 universités et 225 grandes écoles. A terme, je souhaite qu’on arrive à une quinzaine de grands pôles de recherche et d’enseignement supérieur. Et dans ce contexte-là, il n’y aura pas d’université abandonnée.

Thibaud, UNI-Bordeaux

| << Bordeaux | Tags : | Publié le vendredi 23 novembre 2007 | par DESJARDINS Thibaud

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